jeudi 21 juillet 2011

Pour tordre le cou aux mythes

Lors d'une promenade canine dans mon territoire habituel, j'ai fini par me laisser aller à la rogne et ai pris quelques photos (mauvaises, mais le sujet l'est encore plus) qui vont en décevoir beaucoup parmi les admirateurs inconditionnels des Japonais à la discipline d'enfer et au respect d'autrui incomparables. "Ben là-bas, c'est pas comme les cochons de chez nous !". AH,AH !!!



Il est charmant, ce petit chemin, n'est-il pas ?


Mais, si l'on regarde bien (pas besoin d'une loupe, remarquez !), que découvre-t-on sous les pavés ? Une plage ? NON, des ordures !!! Bouteilles et sacs en plastique, boîtes à bentô vides, cannettes de bière... jetés négligemment (d'une voiture ?) et qui polluent bêtement ce charmant sous-bois. 



A noter qu'il s'agit là d'une toute petite route qui ne mène nulle part et que les bois alentours, bien que très buccoliques, n'ont rien pour attirer le vicieux du coin ou les couples à la foufounette en feu. Alors POURQUOI ? Simplement parce que, justement, personne ne passe jamais par là (à part moi...) et qu'on ne risque pas d'être pris en flagrant délit de cochonnerie ???


mercredi 20 juillet 2011

Shame on you, Barbie (2) ! Le monde de Hirata Goyô (平田郷陽)

C'est au hasard d'une émission de télévision que j'ai découvert Gôyô Hirata. Sensibilisée par ma visite à l'exposition Yûki Atae la semaine dernière, c'est avec un grand intérêt que j'ai fait la connaissance du Trésor National Vivant qu'est Gôyô Hirata 平田郷陽、人間国宝). Et qu'on ne vienne pas me chicaner sur la traduction de Trésor National Vivant lorsque l'on saura que Hirata, né en1903, a disparu en 1981...




A la différence des poupées de Atae qui sont sculptées sur argile, moulées, enduites de papier mâché à même le moule et enfin recouvertes d'un tissu en coton, les poupées de Hirata sont sculptées directement dans du bois, puis ensuite maquillées selon un processus d'une difficulté telle que je ne me peux me risquer à le décrire. Qu'il vous suffise de contempler les photos sans trop vous poser de questions...





Durant sa "période bleue", Hirata s'est attaché à la représentation fidèle du corps humain.  







Il s'est ensuite tourné vers une interprétation plus stylisée, "déformée".




Et, bonne nouvelle, on peut trouver des poupées de Hirata sur le marché de l'art. Enfin, si l'on est près à vendre un rein, un poumon et un bout de foie... Plus modestement, il existe de nombreux timbres des oeuvres de Hirata. Côté livres, je reviens bredouille de ma chasse en territoires franco-anglais. Seul Amazon Japon propose UN livre sur le sujet...

Shame on you, Barbie (1) ! Le monde de Atae Yûki (与勇輝)


Après un long silence (que personne n'aura remarqué) dû à une absence totale d'idées de billets un tant soit peu intéressants, me revoilà pour vous présenter deux artistes japonais contemporains, Yûki Atae (与勇輝)et Gôyô Hirata, créateurs de poupées absolument sublimes. 


NON !!!! Que le mot "poupée" ne vous affole pas !  Lisez ce billet, regardez en les photos, et portez alors un jugement en toute connaissance de cause.


Yûki Atae est né en 1937 à Kawasaki, près de Tôkyô. Après être sorti d'une Ecole de Design (日本デザインスクール), il a travaillé dans une entreprise de fabrication de mannequins, qu'il a abandonnée en 1968 pour se consacrer à la création de SES poupées.


Il a participé à plusieurs expositions à l'étranger (et oui, en France aussi !) et au Japon (en ce moment à Matsuzakaya de Nagoya). Il a par ailleurs son musée à lui, sur les bords du lac Kawaguchi, près du Mont Fuji (Kawaguchiko Musekan).



Il sculpte ses poupées sur de l'argile, puis fait un moulage de la pièce achevée. Il colle ensuite des bandes de papier mâché à l'intérieur du moule. Et une fois ce travail "de base" terminé, il recouvre le corps de la poupée de tissu de coton qu'il peindra ensuite pour lui donner vie. 


C'est lui aussi qui habille ses poupées, en choisissant pour chacune des tissus différents et en respectant à la lettre l'assemblage des kimono.


La spécialité de Yûki Atae est en principe les poupées représentant des enfants, mais il ne dédaigne pas les adultes dont il fait une représentation aussi parfaite que celle de ses gamins.


Le metteur en scène, Ozu Yasujirô.


Ce vieux couple vous dit quelque chose ? "Le voyage à Tôkyô" (東京物語), de Ozu.


Plus récemment, Atae s'est lancé dans une rétrospective de la période de la 2ème guerre mondiale, Showa Memorial. De son propre aveu, cette création lui rappelle de pénibles souvenirs, qu'il n'était pas jusque-là parvenu à exorciser.







S'il existe de nombreux livres sur l'oeuvre de Yûki Atae en japonais, je n'ai pas réussi à mettre la patte sur des bouquins en anglais (épuisés), et encore moins en français. Je m'y suis peut-être mal prise... Pendant que j'étais dans les recherches désespérées, j'ai aussi essayé de voir s'il était possible d'acquérir des poupées de Atae. Et bien, pas besoin de me mettre à faire des économies, je n'ai ABSOLUMENT rien trouvé sur le marché !