Comme je l'ai clamé l'automne dernier, le mois de novembre au Japon est un mois très agréable. Avec son ciel bleu et ses températures encore douces, ce mois détesté de la majorité des Français est pour nous, habitants de l'Archipel, une parenthèse bienvenue entre l'enfer de l'été et les frimas hivernaux. Et quand je dis "frimas hivernaux", il ne faut rien exagérer car, à Nagoya, les températures restent dans des limites inférieures décentes. A moins 2, on hurle que la glaciation quaternaire est là et que la cryogénisation va remplacer l'incinération. Moins 20, à Nagoya, on ne connaît pas (encore)...
Ce qu'on connaît par contre, ce sont les conditions déplorables dans lesquelles les habitations japonaises contraignent leurs habitants à passer les cruels mois glaciaires. OK, ce sont les hommes qui construisent les maisons, donc, j'acquitte les maisons et condamne les hommes ! En effet, dans pratiquement le Japon tout entier (sauf Hokkaidô), le chauffage central n'existe pas. Si on ajoute à cela une absence totale d'isolation des maisons, on ne s'étonnera pas que les températures intérieures avoisinent les températures extérieures. Avoir 5 degrés dans sa salle de bains n'est pas une chose extraordinaire, mais la norme dans la majorité des habitations.
Comment supporte-t-on de telles températures dans son home sweet home ? Et bien, d'abord, élémentaire, mon cher Watson, on s'habille chaudement. Gros pulls et affreuses chaussettes bien épaisses sont les compagnons indispensables de l'hiver japonais. Et puis, même sans chauffage central, on chauffe tout de même les pièces où l'on se tient : chauffages individuels, au gaz, à l'électricité et au pétrole rendent la vie supportable sinon divine.
Mais parmi les chauffages, celui qui ne manque à aucune demeure japonaise, est le "kotatsu" (le "kota" de son petit nom).
Et moi qui croyais que cette diabolique invention était une spécialité nippone, j'ai découvert récemment que j'avais tout faux. "Brasero" dans l'Espagne d'antan (pas celle du déluge, hein !), "korsi" en Iran ou "sandali" en Afghanistan, si on cherche, on retrouve ce moyen de chauffage dans beaucoup de pays de par le monde (je n'ai pas fait une recherche exhaustive).
Korsi iranien à voir dans le blog Pedestrian
Et chez SdC, kotatsu ou pas kotatsu ? PAS kotatsu, mais force m'est de reconnaître que dans certaines occasions, le kotatsu a un charme chaleureux indéniable...





