jeudi 29 octobre 2009

Horreur, fiel et bile !

Moi, vous ne me connaissez pas, mais je ne suis pas esclave du retour à la nature, du tout bio (ça n'existe pas !), de la déconsommation. 

Bien sûr, je préfère savourer un succulent poulet de Bresse (au Japon, ce serait une gageure...) qui a mené une belle vie bien saine au grand air, a été nourri au sein, de maïs non transgénique et est mort de sa bonne mort (cette dernière condition me paraît aussi irréalisable que de trouver une telle bestiole ici), plutôt qu'un pauv' volatile élevé en batterie et bourré d'hormones et autres cochonneries. 



Bien sûr, je regarde le pays de provenance des aliments que je mets dans mon chariot. 

Bien sûr, j'apporte mes propres sacs à provisions au lieu d'utiliser les sacs plastiques (3 yen) du supermarché (radinisme ou sagesse ?). 



Bien sûr, je m'adonne au plaisir extrême du tri sélectif (résultat, 4 poubelles différentes dans ma cuisine !).



Chez moi, il y en a
Mais bon, tout ceci ne fait pas de moi un modèle, rôle auquel je n'aspire d'ailleurs pas. Et oui, je fais sécher mon linge dans le séchoir de la machine. Je n'hésite pas à mettre la clim' ou le chauffage si j'en éprouve le besoin. Je roule en voiture sans complexe. Et je n'ai aucunement l'intention de changer ces honteuses habitudes.



J'ai pourtant effectué l'autre jour un pas décisif dans le sens de "Moi aussi, je protège la planète" ! Ce pas est le fruit d'un hasard et non d'une recherche longue et passionnée sur les derniers nés des produits écologiques. Je vous disais donc que, par le biais d'une autre recherche, j'étais tombée sur un produit qui m'a tout de suite interpellée quelque part, et de par son nom assez répugnant, et de par sa fonction dont je vous parlerai plus tard.

Permettez-moi de vous présenter :
Le savon détachant au fiel de boeuf (non, pas "beurk", ça ne sent pas mauvais !)


La raison de mon intérêt soudain pour cette "chose" peu appétissante à première vue, est l'indigence des machines à laver japonaises. Même les plus chères, celles à tambour comme la mienne, lavent uniquement à l'eau froide. Elles sont équipées de tas de programmes, ont des capacités de remplissage énormes, mais ne chauffent pas le linge. Pourquoi ? Trois raisons essentielles : le voltage au Japon étant de 100 volts (le 220 existe, mais est utilisé en général pour brancher la clim'/chauffage), chauffer de l'eau même à 40 degrés, prend une bonne partie de la journée. Ensuite, l'électricité est chère et une machine chauffante revient donc très cher. Last but not least, d'après un sondage effectué par une marque de machines à laver, les ménagères nipponnes ne souhaitent pas avoir des machines qui chauffent l'eau. J'ajouterai enfin que faire bouillir le linge ne semble pas dans les traditions japonaises. Interrogé, mon mari qui a connu le Japon médiéval, m'a confirmé que la lessive se faisait toujours chez lui à l'eau froide, alors qu'en Occident, la lessiveuse qui bout sur la cuisinière existe depuis longtemps. J'arrête là mon approche historique de la lessive à travers les temps et les lieux et reviens à mon fiel.





Je n'étais pas du tout convaincue, mais, curieuse, j'ai tout de même commandé LA chose. Ça ne me ruinait pas, 4,05 euros pour 250 ml (le port ? Me souviens pas). 

"Assez de bavardages inutiles ! Et le résultat, alors ?", que je vous entends me demander avec anxiété. Et bien, le résultat, SUBLIME ! J'ai utilisé le produit sur des taches infâmes de sauce tomate bien grasse sur une belle serviette blanche. Je n'avais que très peu d'espoir car j'avais utilisé auparavant des tas de détachants (pas bio...) sur des taches similaires, sans aucun résultat. Mais là, j'ai retrouvé une serviette vierge comme au premier jour, d'un blanc éblouissant, qu'Omo y fait pas mieux, même à 90 degrés. Et pourtant, j'ai utilisé :


la même machine (tiens donc !)
le même programme (lavage de 29 minutes, le maximum)
pas de trempage


J'en conclus que mon savon a donc une efficacité certaine et attends avec impatience d'autres taches rebelles.


Si vous habitez en France ou en Europe, vous trouverez plein de sites qui proposent du savon au fiel. Si mon choix s'est porté sur le site en lien, c'est parce qu'il a l'avantage de livrer au bout du monde, où je me trouve.



Avant de clore ce chapitre "lavandières du Portugal", j'ajouterai que j'ai aussi acheté des noix de lavage. Il est conseillé sur la boîte, de les utiliser plutôt avec des tissus délicats peu tachés. J'ai bien aimé le résultat sur des vêtements en soie.



Et pour faire encore plus fort, j'ai commandé hier, une boule de lavage qui prétend éliminer l'utilisation de la lessive. Quand je l'aurai reçue, je vous en dirai des nouvelles...

5 commentaires:

Baiya a dit…

Le fiel va faire un tabac, donc!

Hélène(エレン) a dit…

Quand on ne peut pas s'acheter une Miele à 400 000 yen, on se rabat sur le bétail...

Marjo a dit…

Oh c'est drôle on a tous ces produits au magasin où je travaille et ça marche très fort! On a aussi le fiel en savonette pour frotter à même le vêtement. Les noix de lavage sont censées remplacer la lessive mais elles n'ont pas d'odeur, il vaut mieux rajouter des huiles essentielles.
Youpi sauvons la planète!

Hélène(エレン) a dit…

En ce moment, je n'utilise plus que les noix de lavage et trouve que mon linge est beaucoup moins "dur" qu'avant malgré l'utilisation d'un adoucisseur. Bio, banzai !

Sophiedeno a dit…

J'ai essayé la boule magique : effet pas terrible. Par contre à Tokyo pas besoin d'adoucisseur! Est ce que le fiel enlève aussi les taches corporelles (col de chemise)?